LES SOURCES NON CHRETIENNES - Chapitre Unique: Les sources juives, romaines et musulmanes


I.              Les sources juives

Les écrits de Flavius Josèphe

Jésus est nommé à deux reprises dans les écrits de Flavius Josèphe, le grand historien juif du 1er siècle (mort autour de l’année 100). Une fois, à propos de la mort de Jacques de Jérusalem qui fut lapidé en l’an 62. L’homme est décrit comme étant « le frère de Jésus appelé Christ » (Antiquités judaïques, XVIII, 63-64).

Ce passage, connu sous le nom de Testimonium flavianum, a fait l’objet de nombreuses études. La plupart des commentateurs considèrent que, tel qu’il nous est parvenu, il a été retouché par des mains chrétiennes. Ce qui n’exclut pas que Josèphe ait lui-même composé une notice sur Jésus, plus brève et au ton moins enthousiaste ! Peu après cette notice, Josèphe consacre en outre un assez long passage à Jean Baptiste (Antiquité judaïques, XVIII, 116-119).

Le Talmud de Babylone

Il est témoin d’une tradition concernant la mort de Jésus qui pourrait remonter au IIème siècle (Sanhédrin, 43a).  

II.             Les sources romaines

Trois auteurs latins, écrivant entre 110 et 120  de notre ère, ont mentionné l’activité de Jésus en terre juive.

Les lettres de Pline le Jeune

Dans une lettre à Trajan (Livre X, lettre 96), Pline le Jeune, alors gouverneur de Bithynie, explique à l’empereur les résultats d’une enquête qu’il a dû mener contre les chrétiens, suite à des accusations venues jusqu’à lui.

Les Annales de Tacite

Elles rapportent comment Néron, accusé d’avoir lui-même fait allumer l’incendie qui ravagea Rome en 64, s’ingénia à trouver des incendiaires et accusa les chrétiens (livre XV, paragraphe 44).

Les Vies des douze Césars

Ecrites par l’historien Suétone, elles comportent quelques mentions des activités des chrétiens (Vie de Néron, XVI ; Vie de Claude, XXV), dont la dernière citée fait explicitement mention de Christ.

L’historien fait allusion à un édit de Claude promulgué soit en 41-42, au début de son règne, soit en 49, en vue d’expulser les Juifs de Rome. Les remous dans la communauté juive venaient sans doute du fait que quelques-uns d’entre eux, atteints par la prédication des évangélisateurs parvenus dans la capitale de l’Empire, avaient rejoint l’Eglise et étaient en cela pris à partie par les autres.

Incomplètement informé, Suétone semble présenter les choses comme si Jésus lui-même était à Rome.

III.           Les sources musulmanes

Jésus, prophète de l’Islam, est plusieurs fois nommé dans le Coran, ainsi que d’autres personnages de la tradition biblique, juive et chrétienne. Les passages concernant Jésus s’inspirent de traditions que l’on peut rapprocher à la fois des textes canoniques et des évangiles apocryphes. La forme qu’elles ont prise dans le Coran est évidemment beaucoup plus tardive que l’écriture des autres sources nommées jusqu’ici : elle date du VIIème siècle.
[Le monde de la Bible, hors série 2002 ; p. 66 et 67]